Encore une mauvaise nouvelle, mais qui date de l'ann�e 1393 : Ouf ! On a eu chaud. Et c'est vraiment le cas de le dire, car on d�plora, en cette nuit particuli�rement enflamm�e, le d�c�s de quatre personnes br�l�es vives.
Bien qu'ayant rassembl� la fine fleur de la noblesse fran�aise, inutile de mander notre h�raut de service luxembourgeois* pour gloser en direct sur l'�v�nement, puisque ce d�sormais c�l�bre charivari (ou "Bal des ardents") se d�roula il y a plus de 600 ans.
Ce dont il nous chaut ici, hormis les tenants et aboutissants de cette soir�e tristement m�morable, est le rituel en lui-m�me : le terme de "charivari", au sens aujourd'hui quelque peu d�voy�, s'est appliqu� des si�cles durant � une pratique sociale aux manifestations multiples et sophistiqu�es**, mais nous le constaterons finalement assez bien codifi�e.
Attest�e en France d�s le XIVe si�cle, cette pratique ferait �cho aux processions dionysiaques antiques*** datant du 1er s. de l'�re chr�tienne : un groupe de personnes masqu�es se rassemblait nuitamment devant chez quelqu'un, menant de cons�quents tapages et vacarmes pour ainsi porter la honte aux habitants des lieux.
Cette cavalcade constitue, du point de vue des charivarieurs, un symbole ainsi qu�une manifestation (non d�partie de violence morale, voire parfois physique� !) visant � stigmatiser des personnes�en particulier : qu�ils fussent publics ou non, ��ces gens-là » avaient, de mani�re ou d�autre, enfreint certaines valeurs morales ou tout simplement les us et traditions d'une communaut�.
Donc et en l�occurrence, au cas o� vous tra�neriez quelques casseroles, c�est le bon moment pour les ressortir c�ans et d�en faire le plus mauvais usage qu�il vous soit possible...
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* Ce chambellan - ou pompier de se(r)vice, si l'on veut - aurait pu �tre St�phane Bern !
** Il ne s'agissait pas, simplement et vulgairement, de ''fou... le bor..." au hasard, si vous voyez ce que l'on veut vous dire...
*** Telles que rapport�es notamment par le philosophe Apul�e (v. 125- v. 170).