Elle ne fait pas de politique mais elle s'inscrit au PCI* depuis 2014. Elle est aujourd'hui consid�r�e comme un art martial et ce vocable aurait tendance � faire se m�prendre les amateurs de points (de suture !) dans la figure, d'horions et autres coups de pieds de nez !
Les amateurs de plaies et de bosses en seront donc pour leurs frais : qu'ils aillent voir ailleurs si ju-jitsu** ! En effet, et c'est ce qui fait sa grande sp�cificit�, ce sport (ou devrait-on dire, cette sorte de "danse" tr�s acrobatique) n'offre qu'habiles effleurements, esquives, fr�lements millim�tr�s, le tout alli� � une vitesse qui va crescendo : c'est un simulacre de violence encha�n�e et toute de retenue, aucun coup - au grand jamais ! - ne devant �tre re�u ou port� !
Vous allez me dire : mais � quoi �a sert ? En plus du spectacle offert, la capoeira est certainement et avant tout un rituel de m�moire. Son acte de naissance - dans la clandestinit� - se perd quelque part dans le XVIe s., au plus fort des heures horribles et ravageuses des d�portations esclavagistes.
On constate �galement que ces pratiques se sont implant�es quasiment partout o� le planteur blanc a contraint sa main-d��uvre, autochtones ou non, � la servilit� : elle sont d�nomm�es "moring" � Mayotte, Madagascar et � La R�union, "ladja" (Martinique, Guadeloupe), "man�" (Cuba), "pingue" (Ha�ti), "susa" (Suriname), etc. L'usage de ce "d�foulement" serait tout simplement n� de l'interdiction par les "ma�tres" des combats entre personnes asservies : eh oui !, il n'aurait pas fallu que cette pr�cieuse "marchandise" obtenue � prix d'or ne vinsse � se g�ter...
Autre point crucial qui enveloppe l'ensemble du "spectacle" et lui conf�re cette atmosph�re si particuli�re, envo�tante : la musique, o� l'ancestral berimbau, ordinairement si t�nu et discret, m�ne ici v�ritablement la danse.
Par contre, m�fiez-vous de cette "capoeira", car elle est hautement contagieuse et addictive : d�s l'instant o� vous aurez vu le premier "ginga"*** esquiss�, vous ne pourrez plus alors vous passer du spectacle de cette merveille ! Et, assistant � l'une de ces "joutes" dans une cave de caf� parisien (ou autre****), vous serez instantan�ment transport�s en un autre temps, avec une autre histoire et en d'autres lieux... sous la baguette f�brile et magique du hardi porteur d'arc musical. Et tout cela, sans qu'en p�tisse aucunement votre bilan carbone...
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* Patrimoine Culturel Immat�riel de l'humanit� (UNESCO)
** Attention : ne pas faire d'amalgame avec le "ju-jitsu br�silien" qui est lui un v�ritable enseignement de l'art de combattre.
*** Litt�ralement "jeux de jambes" : il constitue le point de d�part de toutes joutes. C'est aussi la "signature" du style de chaque capoeiriste.
**** On peut d�nombrer actuellement une soixantaine d'enseignants et de centres de capoeira sur tout le territoire fran�ais.